Réhabilitation du chantier naval de la Plagette

La réhabilitation du chantier naval de la Pagette est un vieux projet de l’association Voile Latine de Sète et du Bassin de Thau. Aujourd’hui il n’a toujours pas abouti, Il est temps de faire une analyse des faits pour comprendre pourquoi ce chantier n’est toujours pas réhabilité ?

Tout était déjà écrit en 2000, deux ans avant le départ à la retraite de Nanou DESANTIS le dernier exploitant professionnel du site. Après avoir obtenu en 2004 de la part des Affaires Maritimes une AOT (Autorisation d’Occupation Temporaire) de 10 ans l’association finalise son projet de réhabilitation qui est présenté aux différents partenaires en 2005.

Les objectifs sont clairs :

Préserver l’originalité architecturale du site.
Préserver sa vocation d’entretien de restauration et de construction d’embarcations traditionnelles ouvert à toute la flottille Sètoise et régionale.
Créer un lieu ressource destiné à conserver, exposer et transmettre les connaissances et les savoir faire.

Le financement :

Le salaire d’un charpentier de marine devait être généré par l’activité d’entretien et de restauration des bateaux.
Le lieu ressource devait également permettre de rémunérer un salarié, avec les rentrés d’argent des visites et des conventions passées avec les établissements scolaires.

Déjà la tentation de fédérer les associations était présente, l’ « Union Voile Latine Méditerranée » est crée, elle regroupe six associations de la région avec pour slogan : « Cousinage pour le Patrimoine Maritime de Culture Méditerranéenne ». Cette Union n’aura pas de suite et restera qu’une vue de l’esprit. En 2005 la création du chantier naval de Paulilles était déjà aussi un modèle à suivre.

Pendant 10 années un certain nombre de travaux ont été réalisés par les bénévoles, la structure du grand hangar a été sécurisée, une partie du bardage changé, une aire de carénage à été construite aux normes environnementales en vigueur, l’atelier de charpente marine a été équipé de machines à bois, l’électricité à été refaite et les bureaux réaménagés. Des bateaux ont été restaurés et les bateaux traditionnels la flottille locale sont venus caréner et réparer au chantier de la Plagette. Ce chantier est resté un chantier ouvert et vivant.

Parallèlement des projets ont été réalisés avec le lycée de la mer, les écoles, les organismes d’insertions, nous avons participé aux évènements culturels de la ville de Sète et du bassin de Thau. Nous avons récolté des témoignages des gens de mer. Nous avons navigué des calanques Marseillaises à la Catalogne et participé à de nombreux rassemblements nautiques.

Cependant le travail du charpentier, n’a pas permis de générer suffisamment de ressources pour conserver son emploi. l’association se trouvait dans une situation d’assistanat, les subventions servaient à payer les salaires !
Le lieu ressource n’a jamais vu le jour et des travaux pour rendre le grand hangar accessible au public n’ont pas été réalisés, par manque de moyens financiers, pour un projet peut être trop ambitieux ? Les partenaires ne se sont jamais engagés financièrement dans un grand projet à la Paulilles … et probablement aussi, à cause de divergences avec la Mairie de Sète.
C’est dans ce contexte où l’association fragilisée par ce qu’elle n’a pas réalisé, que cet outil de travail qu’est le chantier de la Plagette suscite des convoitises de la part d’autres associations, de professionnels, et même de la Mairie de Sète qui dans sa politique de gestion du littoral maritime compte bien récupérer L’AOT pour des projets où Voile Latine n’est pas associée. Projets qui ne sont pas formalisés et qui laissent les imaginations penser au pire, au détriment de la sauvegarde du patrimoine.

Et c’est ainsi que fin 2014, l’AOT se terminant, la Mairie de Sète à voulu récupérer le terrain, elle a fait en sorte que l’AOT ne nous soit pas renouvelée en utilisant un argument sécuritaire, dans le même temps elle nous supprime nos subventions de fonctionnement, avec une volonté évidente de nous faire partir.
Nous sommes resté sur le site pour le préserver du vandalisme, du pillage et de la destruction. Nous avons mobilisé les associations de quartier, les habitants au travers d’une pétition, nous avons été reçu par le préfet et la DRAC.
Nous avons obtenu que ce chantier, le dernier chantier naval traditionnel de Sète, soit classé AVAP (Aire de Valorisation de l’architecture et du Patrimoine). De ce fait le Chantier de la Plagette sera réhabilité en conservant son aspect architectural et sa vocation sera préservée.

Ensuite en 2016 nous avons mobilisé une douzaine d’associations ainsi que la Mairie de Sète autour de ce que nous avons appelé le « Pôle Patrimoine Maritime Méditerranéen »  qui a eu pour mission de présenter un cahier des charges pour la réhabilitation du chantier naval de la Plagette dans un cadre multi-associatif.

Ce Pôle reprenant les idées de départ, à savoir un lieu ouvert au public selon le modèle de Paulilles dans le grand hangar avec restauration de bateaux, et un lieu ressource pour exposer nos collections. Un comité de pilotage devait suivre la réalisation de ce projet, et un bureau d’étude devait être mis en place par la Mairie de Sète pour évaluer le coût des travaux en accord avec les architectes de la Fondation du Patrimoine. L’association Voile Latine de Sète et du Bassin de Thau se positionnant comme porteur du projet.

En juin 2017 même si la mairie a inscrit à son budget le coût du bureau d’étude, rien n’a été fait, le comité de pilotage ne s’est jamais constitué, et ce Pôle n’a pas d’existence juridique ! on retrouve dans ce pôle les mêmes caractéristiques du projet pensé en 2000, méga projet à la Paulilles, multi associatif, et lieu ressource. Aucune réflexion n’a été menée pour savoir comment serait géré le fonctionnement de cette structure ni quelle y serait la place de l’association Voile Latine. Son président démissionnaire n’a pas été remplacé. Le Pôle un an après sa création semble déjà mort-né.

Parallèlement il nous fallait déterminer l’état de la structure métallique du grand hangar pour répondre de façon éclairée au problème de sécurité de ce bâtiment. Deux expertises ont été réalisées dans ce sens, des travaux de consolidation seraient nécessaires pour un montant de l’ordre de 25 000€.

Depuis janvier 2017, avec l’élection d’un nouveau président et d’un CA renforcé, VLSBT s’est re-dynamisée avec notamment l’arrivée de nouveaux membres actifs.
Nous sommes convaincus que la priorité de l’association Voile Latine est maintenant de reprendre la main sur le chantier, en laissant de côté les grandes ambitions, le chantier de la Plagette n’est pas Paulilles, et réparer le grand hangar de façon à ce qu’on puisse y restaurer des bateaux pourrait être notre premier objectif qui financièrement reste modeste et tout à fait réalisable à cour terme.
De garder la gestion de ce site, car nous sommes les propriétaires des installations comme des bâtiments.
De ne pas mélanger des professionnels et des bénévoles, au vu de nos expériences passées.
D’oublier la réalisation d’un lieu ressource et de mettre notre énergie dans la navigation et les restaurations qui pourraient être un moyen de ressouder les adhérents autour d’activités concrètes. Avoir des bateaux qui marchent avec des navigateurs pour les mener.
De favoriser les échanges comme par le passé avec les établissements scolaires et de réinsertion pour assurer la formation et la transmissions des savoirs.